Droiteval

Centre d’Art et Culture
un peu d’histoire

Nous vous invitons à un petit voyage dans l’espace et le temps.

Ce voyage de sept à huit kilomètres, le long de la Vallée de l’Ourche nous emmène jusqu’à Droiteval. Ce qui était autrefois un Prieuré se transforme en Centre d’Art……..

La Vallée de l’Ourche ………

Délicieuse vallée au cœur de la magnifique forêt domaniale de Darney, riche de la beauté d’une nature préservée.

L’Ourche y coule, serpente et s’entrelace avec une charmante route, se perdant et se retrouvant, le long de la vallée aux versants boisés et aux rochers impressionnants.

Ils traversent  des hameaux étonnants de charme de Clairey jusqu’à Droiteval, où leurs chemins se séparent. L’Ourche court se jeter dans la Saône, naissante.

A Droiteval dans la sérénité de l’ ancien prieuré et son église Cistercienne se trouvent le

bel étang et les vestiges de l’industrie du métal avec sa maison de maître imposante.

Droiteval, ses racines, son passé……

A l’origine, sur la Blanche Côte, au lieu dit actuellement la Citadelle et autrefois la « Nonnerie » on devine les traces de l’existence d’un ancien monastère détruit avant l’an 1100. On peut raisonnablement admettre qu’avant même l’établissement de l’Ordre de Cîteaux par Robert de Molesmes, en 1098, Droiteval ait déjà eu un monastère de femmes, dont les filles de Cîteaux auraient repris la suite, non sur le plateau de la Citadelle au-dessus des rochers de la Blanche Côte, mais dans la Vallée plus accueillante et plus propice.Au lieu où se trouvent encore aujourd’hui l’église, le prieuré et ses dépendances.

Pendant plus de trois siècles les religieuses, les abbesses et les moniales ont vécu sur cette terre sacrée.

En 1426 on découvre une abbesse qui semble bien être la dernière. Quelques années après son abbaye était ruinée et les religieuses, s’il en existait encore, étaient dispersées.

Après l’entrée du premier prieur en 1453 l’abbaye cistercienne est transformée en prieuré. Dix-neuf prieurs se succédèrent. Le dernier fût nommé en 1767.

La Révolution était proche et les monastères étaient déjà décimés par avance…

Le dernier prieur est décédé en 1792.

Le prieuré, l’église et annexes étaient nationalisées le 5 novembre 1790. Enfin, par vente publique, l’ensemble passait à des mains privées et connaissait ensuite plusieurs propriétaires.

Droiteval, Vallée de l’Ourche, Vallée du fer

À coté de l’industrie du verre, depuis le Moyen Age industrie traditionnelle dans cette région des Vosges, l’industrie du fer voyait le jour avec la construction des premières forges à La Hutte (1724) et Sainte-Marie (1731). Une époque industrielle faisait son entrée dans la Vallée et entraînait une période de grande prospérité.

Après la mort de Louis XVI la France révolutionnaire lève une armée pour lutter contre la coalition des puissances étrangères … Devant la demande croissante d’acier nécessaire à la fabrication d’armes, les forges de La Hutte vont connaître, pendant la Révolution, une prospérité dont les effets vont s’étendre aussi, plus tard à Droiteval…

Après sa construction et avoir connu plusieurs propriétaires la forge de La Hutte, ainsi que Sainte-Marie, fut achetée, par monsieur Louis Alexis Irroy de Fontenoy le Château.

Irroy, la conjoncture aidant, sera l’homme providentiel qui va donner en quelques années à toute la vallée de l’Ourche une capacité de production jamais atteinte. Toutes les forges de la vallée vont alors lui appartenir. Pour répondre à la demande d’acier, L.A. Irroy construit en 1794 une nouvelle usine qui donnera son nom au hameau : Forge Neuve.

Toujours pour les mêmes motifs Irroy rachète en 1796 le prieuré de Droiteval pour établir une forge dans l’ancien moulin des moines. L’église va servir d’entrepôt, le prieuré et les dépendances serviront de logements aux ouvriers.

Au début de l’Empire Irroy construit à La Hutte un martinet et monte une fabrique de faux et d’outils. Ses affaires semblent prospères et sa fille, Augustine, doit être agréablement dotée.

En quelques années cependant la situation financière de L.A. Irroy se dégrade à tel point qu’en 1811 il est en faillite.

La « Saga des Jacquinot »

Le propriétaire suivant de Droiteval se présente en 1816 : Jean Baptiste Jacquinot,

marchand de fer à Langres.

C’est un homme de goût  et c’est vraisemblablement pour l’attrait des lieux qu’il décide d’acheter l’ancien prieuré, l’église (en bien mauvais état), la forge, les terres et les bois. J.B. Jacquinot arrive à Droiteval à un moment ou l’industrie prend un essor important…Il décèle dans cette vallée une possibilité d’extension industrielle. Dès 1823 Jacquinot, propriétaire de la fabrique de faux de Droiteval, établit un feu pour convertir la fonte en acier. Il s’installe avec son épouse dans le prieuré qu’ils aménagent en maison de maîtres. Ils ont alors deux enfants, une fille, Louise et un fils, Louis.

Ce fils, de très bonne heure, devint le collaborateur de son père et porta avec lui, l’industrie de Droiteval à son apogée. En 1833, Louis Jacquinot devenait propriétaire de patrimoine industriel, tout en restant sous l’étroite dépendance de son père.

Pendant les décennies suivantes les Jacquinot ont construit un site industriel néanmoins agréable. Tout d’abord ils construisent une usine (il n’en reste qu’une grande halle), un vaste étang…, un grand canal aux murs appareillés en belles pierres de grès et une élégante fontaine en bordure de route fournirait une eau abondante aux ménages des ouvriers. Pour les ouvriers et leurs familles des logements, en cité, seront édifiés, des logements remarquables pour l’époque…(ils sont démolis après la Grande Guerre). Ensuite ils ont créé un parc d’agrément au nord de l’église dont le mur d’enceinte avait près de deux mètres de haut et 1000 mètres de long et, finalement,  pièce maîtresse des lieux, la puissante demeure des maîtres de forges. Encore visible actuellement.

En une trentaine d’années Droiteval était devenu un centre sidérurgique moderne pour l’époque.

Après avoir construit la partie industrielle et les habitations, les Jacquinot, profondément attachés à cette vallée, restauraient entièrement l’église. Sans doute par conviction religieuse et par respect du passé pour cette église, qui était le symbole de l’ancien  prieuré,

Louis Jacquinot fut conseiller Général du canton de Monthureux-sur-Saône de 1845 à 1848. Pendant de nombreuses années on le trouve aussi maire de Claudon.  Louis Jacquinot décéda subitement à Paris en avril 1865. Son fils Albert, resté célibataire, reprit l’affaire familiale.

Mais, en peu de temps, une suite d’inventions vont bouleverser l’industrie métallurgique. Après 1850 et très rapidement va se produire une transformation complète dans la métallurgie Française. Tout d’abord la houille et le coke vont remplacer le charbon de bois. Les usines de la Vallée de l’Ourche se trouvent trop éloignées des mines de charbon.

Les maîtres de Forges étaient obligés de fermer leurs usines. Comme un dernier sursaut, la Vallée de l’Ourche (sauf Droiteval) se lance dans la fabrication d’outils et « fers tranchants ».

Mais « le ver » est dans la vallée. Les dernières taillanderies ferment vers 1936/1940…

Une dizaine d’années après la mort de son père, Albert Jacquinot cessa toute activité industrielle. Il devint un « maître de forge-rentier-célibataire ». N’ayant pas de postérité, il se reposa. Encore jeune il décéda à Droiteval en 1890, âgé 54 ans. Peu de temps après Albert, sa mère, née Angélique Falatieu mourut en 1891, âgée de 82 ans. Il ne resta plus que Julie Jacquinot, sœur d’Albert, elle aussi célibataire, à qui échut l’héritage du domaine.

Pendant huit ans elle restait seule à Droiteval où elle décédait, âgée de 58 ans.

Par testament holographe, Julie Jacquinot léguait la totalité de ses biens (tout Droiteval) à son domestique, Edmond Croisy, âge de 32 ans.

Après le décès d’Albert et de Julie Jacquinot disparaissait une famille fière, qui donnait un cachet exceptionnel à ce « vallon » de l’Ourche.

Vingtième siècle, l’électricité

Comme on vient de le voir Edmond Croisy devenait en 1899 le propriétaire de Droiteval, un propriétaire qui semblait démuni d’argent puisqu’en mai 1905 monsieur Louis TINCHANT, industriel à Pont du Bois acheta à Edmond Croisy une part importante du domaine : l’ancienne usine, une partie de la forêt, l’étang, des prés et la Maison de Maître. Edmond Croisy occupait encore le prieuré en face de l’église et c’est là, qu’il décéda en 1910.

Monsieur Tinchant, un des pionniers de cette nouvelle forme d’énergie, su déceler en ce début de siècle, l’avenir de l’électricité. Il apporta des modifications à la chute d’eau du moulin et créa une centrale électrique dont le courant va alimenter Attigny et Darney.

En 1930 Louis Tinchant  se rendait acquéreur du restant du domaine;  le prieuré et l’église. Par ce nouvel achat, Louis Tinchant devenait le nouveau « Maître » de Droiteval.

Animé, ainsi que son épouse, par une grande piété, par une foi qui n’est pas seulement un acte de conviction religieuse mais aussi un acte de sensibilité, Louis Tinchant entreprend la restauration du prieuré et surtout de l’église dont la toiture et les murs sont en partie effondrés. Les travaux, réalisés par d’excellents ouvriers, tant de Claudon que de la Vallée de l’Ourche, donnent alors une grande valeur architecturale à cet ensemble. En 1935 Louis Tinchant installe à Droiteval un petit séminaire diocésain. L’abbé Robert Javelet, personnalité marquante, fut professeur dans ce petit séminaire.

Au début de la guerre 1939-1945, l’autorité préfectorale réquisitionne les bâtiments du petit séminaire pour servir successivement de refuge aux hospices de Darney, du Thillot et enfin, à l’asile de vieillards de Golbey.

En 1946, les locaux sont à nouveau vides. Hormis le château, Droiteval est alors loué pour abriter un internat appelé Le Cosor.

Le C.O.S.O.R.

C’est ainsi qu’en septembre 1946 est créée à Droiteval la « Maison d’enfants le C.O.S.O.R. (Comité des Œuvres Sociales des Organisations de la Résistance).

Près de 250 orphelins de guerre ( fils de combattants tués, de résistants fusillés, de déportés, de prisonniers de guerre, etc.) -  sont instruits et éduqués à Droiteval par des cadres dévoués. Ces enfants ayant grandi, Droiteval poursuivra son œuvre éducative… En 1958, l’établissement devenait « Centre éducatif du C.o.s.o.r. »

Sa cible était : de jeunes mineurs qui connaissent la promiscuité ou qui se trouvent en danger moral dans leurs familles. Près de 500 enfants des Vosges (en priorité)… seront hébergés et recevront une instruction primaire sur place…et, ensuite, une instruction secondaire au collège de Monthureux-sur-Saône. La disparition des présidents du c.o.s.o.r. national et départemental, sera une des causes de l’extinction du c.o.s.o.r. et de la fermeture de l’établissement de Droiteval en 1985. Pendant quarante ans, Droiteval aura donc accueilli près de 750 enfants…

Ensuite, en 1985 la préfecture et le conseil général autorisent la création et l’ouverture d’un établissement public intercommunal d’hébergement et de réadaptation sociale (l’ÉPICHREAS) dans les locaux vides. C’était une solution provisoire et en 1987 ces personnes quittent Droiteval pour Monthureux.

Louis Tinchant décédait en 1953. Ses dernières volontés furent d’être inhumé à Droiteval, à quelques pas au Nord de l’église, à l’ombre de la forêt, là où il aimait tant se reposer. On peut voir son tombeau, où repose également son épouse, décédée en 1974, Monsieur Pinsterman, depuis 1997 et Madame Pisterman-Tinchant, fille de Louis Tinchant, depuis 2013.

Aujourd’hui encore Patrice Pisterman (petit-fils de Louis Tinchant) est le propriétaire de l’église et de la maison des anciens maîtres de forges.

Droiteval revit

En 2002-03, Le spectacle « Il était une fois… DROITEVAL »  donne la parole à l’Arbre Sacré, témoin muet de toute l’histoire de la vallée : « Seulement une fois tous les cent ans la Fée de la Côte Blanche se manifeste…. » Elle a bien fait son travail; Maître Orchus, mi loup, mi ours, Maître de la Vallée de l’Ourche, s’est réveillé. Son cri est entendu en tout lieu. La Vallée, plongée dans un profond sommeil durant de nombreuses années, se réveille. Mais les lutins, les elfes, les fées, les ondines et les enfants de la lumière sont toujours là. Ils ont veillés sur « la vallon » en attendant le moment de sa  renaissance …

En 2004 A Droiteval sur le Prieuré et ses dépendances, au bord de l’Ourche, s’est posé un oiseau, un « OISEAU LIBRE » ! Et sous ses ailes prend naissance un lieu de créativité artistique, un lieu de rencontre et de partage de l´art et de la nature, un lieu comme l’avait rêver Louis Tinchant.

L’Oiseau Libre, atelier artistique de Mirjam BIJVANK, qui était établi à Forge Neuve depuis 1997, se niche depuis 2004 dans l´ancien prieuré de Droiteval.

Mirjam, s’associe avec quelques amis et artistes et crée l´association

Centre d’Art et Culture Droiteval.

Elle développe les activités de pratiques et de formations artistiques. Elle lui consacre de belles salles d’exposition ainsi que la “Crypte” pour organiser spectacles, concerts et rencontres artistiques.       

Mirjam rénove avec originalité les espaces du bâtiment, elle transforme l´ancien prieuré en une grande œuvre d´art.